jeudi 22 octobre 2009
Le salon du Chocolat de Paris comme si vous y étiez (2° épisode)
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Le
salon du chocolat a fêté cette année ses 15 ans, sous le signe de
l'Opéra, et de l'hommage à Gaston Lenôtre ce grand pâtissier qui nous a
quittés cette année. Vous trouverez ICI (clic)
le reportage du défilé d'inauguration en photos. Mais durant cette
soirée, d'autres surprises nous attendaient au détour des allées du
parc des expositions de la Porte de Versailles.

On pouvait admirer une sculpture en chocolat haute d'un
mètre et longue de deux mètres, représentant l'Opéra Garnier. Réalisée
par la maison belge Léonidas, elle brille de plusieurs milliers de
cristaux Swarovski. Ne rêvez pas : on ne pourra pas déguster les 500
kilos de chocolats nécessaires à sa fabrication, car elle fut enduite
après sa réalisation d'un vernis non comestible, en vue de sa
conservation durant toute la durée du salon. C'est pas de chance, hein ?
L'Opéra
est un clin d'œil au célèbre gâteau chocolaté, créé par la maison
Dalloyau en 1933, et baptisé par l'épouse du créateur en hommage aux
petits rats de l'opéra : biscuit joconde imbibé de rhum, ganache, crème
au beurre au café.
Poursuivons la visite. Elle ne sera pas
exhaustive, loin de là, ce serait trop long, mais j'ai sélectionné pour
vous quelques petites choses souriantes.
Au détour des allées, des chocolatiers sont en plein travail.
On peut aussi faire des rencontres insolites et élégantes
Évidemment il y a beaucoup de chocolat. Embarras du choix...
Et encore, et encore
Même des boules de Noël sont en chocolat, signées Jean Paul Hevin
Et voici des bouquets de fleurs... en chocolat : on n'a pas envie de les manger tellement c'est joli.
Oh ils ont de très bons livres !
Des épices pour parfumer les gâteaux. Là ça sentait très bon !
Combien pour ce chien dans la vitrine ?
Mais pourquoi ces gens font-ils a queue ?
Oui, vous avez bien vu : pour déguster tout simplement une fantastique tartine de pain au levain Poilâne et de beurre demi sel Bordier. La simplicité, l'anti-esbrouffe, la gourmandise, le délice absolu...
... ladite tartine recouverte ensuite de chocolat râpé, le meilleur goûter du monde, comme quand on était petits ! Miam. Surtout que le chocolat était de chez Michel Cluizel, ce qui n'était pas forcément le cas quand nous, on était petits (et pourtant que c'était bon quand même !)
Et, cerise sur le gâteau, j'ai enfin trouvé le stand de mon chocolatier préféré.
Franck Kestener (clic). Chocolatier à Sarreguemines. Champion du monde de Chocolaterie ET Meilleur Ouvrier de France. Et non seulement il fait les meilleurs chocolats que je connaisse, mais il a aussi le plus beau sourire. Parmi les nouveautés : une ganache framboise et genièvre. Un équilibre subtil et des ondes de saveurs qui se propagent jusqu'à votre cerveau reptilien.... Je suis fan. Ça se voit, non ?

Un paparazzi m'a prise en flagrant délit, mais j'assume complètement.
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dimanche 18 octobre 2009
La soirée d'inauguration du salon du Chocolat de Paris 2009 comme si vous y étiez (1° épisode)
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Le salon du chocolat de Paris et un événement incontournable de la gourmandise.
Mais
quand on habite loin de la capitale, on le contourne malgré tout. Je
vais donc partager avec vous, chers lecteurs, la belle soirée qui eut lieu le 13
octobre, pour l'inauguration de ce salon qui fête cette année son 15° anniversaire.
Hé oui, le temps passe, il est en pleine adolescence maintenant.
Le thème général du salon 2009 est l'Opéra, et l'hommage à Gaston Lenôtre, qui nous a quittés cette année pour aller faire des gâteaux chez les anges, comme l'a si joliment souligné Alain Ducasse dans son discours. Le clou de cette soirée, au profit de l'association La voix de l'enfant (clic), fut le défilé de haute couture des robes en chocolat, portées par des artistes d'opéra, ou d'autres peoples, que vous allez reconnaître au fur et à mesure.
Puisqu'on parle de people, il y avait aussi d'incontournables ministres, mais ce n'était franchement pas le plus intéressant de la soirée : d'abord, ils n'étaient pas du tout habillés en chocolat, et même aucune médaille en chocolat n'ornait leur plastron, elles avaient dû toutes fondre sous les projecteurs. Passons vite aux choses sérieuses. Pour vous, chers lecteurs, voici le reportage photo des meilleurs moments de ce très beau défilé. En fait il y a presque tout. Seuls quelques mannequins sont passés tellement vite qu'on ne pouvait pas les photographier. Ils avaient peut-être un train à prendre après, dommage.
Vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir plus grandes.
Chaque costume a été imaginé par un couturier, et "chocolaté" par un chocolatier. Les maquillages ont été réalisés par Lucie Saint Clair.
Dominique Magloire, soprano, chantait a capella l'Ave Maria de Schubert. Moment intense. La robe est de Stephane Bonnat.
Ci dessus à gauche : un Don Giovanni au féminin, habillé par Jean-Claude Jitrois et chocolaté par Cristophe Roussel, interprété par la comédienne Frédérique Bel, (c'est "la blonde" de Canal+ ) lançait sur les spectateurs des chocolats en forme de bouche rouge. Non je n'en ai pas attrapé.
A droite, voici Turandot, de Giacomo Puccini. Daniela Lumbroso, animatrice à la télé, (Si, si, c'est elle, vous le la reconnaissez pas ?) porte un modèle créé par Christophe Guillarmé, et chocolaté par Philippe Pascoët.
La comédienne Corinne Touzet est Dona Elvira dans Don Giovanni de Mozart. Elle est habillée en mignonne poupée par Agatha Ruiz de la Prada et chocolatée par la maison Bonnat de Voiron.
Les Indes Galantes de Rameau, interprétées par Virginie de Clausade, animatrice à la radio et à la télé. Elle est habillée par Dognin et chocolatée par Arnaud Larher. Le chocolat est dans les cabochons de la robe et les brassards.
La reine de la Nuit de la Flûte enchantée mérite au moins 2 photos. Chocolatée par Magnum et habillée par Eva Rachine, le manequin Laetitia Rey est apparu d'abord vêtu d'un papier doré flottant autour d'elle, comme l'emballage d'une tablette de chocolat que l'on entrouvre, ou d'un bâton glacé...
Puis une fois déballé, ce qu'il y avait sous le papier ne manquait certes pas de charme... ni de chocolat.
Ci dessus à gauche, Amaury Vassili, un jeune ténor de
19 ans, à la voix qui vous donne des frissons partout, portait un très
beau costume de Patrick Chapon. Admirez tous ces brandebourgs en chocolat noir !
A droite : la maison le Roux de
Quiberon a chocolaté ce très beau costume de Marcia de Carvalho, porté
par la comédienne Carole Brana. Il évoque l'opéra Le Guarani, de
Antonio Carlos Comes. Très beau ce truc en plumes !
Et maintenant, voici la virevoltante mariée des Noces de Figaro en la personne de la comédienne Anne Richard. La robe froufroutante est de Aurélie Cherell et le chocolat de la maison Barry Caillebaut.
Delphine Bollaert était la Diva du Film le 5° élément. Elle portait une très jolie robe de Sophie Reyes et de la maison Baileys. Il parait que tous les chocolats de la robe étaient parfumés au Baileys. Mais tourne-toi donc, qu'on voie le devant de la robe, pfff !
La soprano Delphine Haïdan, avec une autre chanteuse dont je n'ai pas le nom, hélàs, chantent le suave duo des fleurs de Lakmé. Sur le communiqué de presse, ils disent que c'était "vois sous l'archet frémissant" de jacques Offenbach, mais moi , on ne me la fait pas, j'ai bien reconnu le duo des Fleurs de Léo Delibes ! Le costume chocolaté est de Hélène Colas et Drogue Douce.
Ci dessus à gauche : le "Songe d'Opéra" est porté par la comédienne Coralie Clément, la très jolie robe est créée par Lydie Kosanski et jean Doucet, chocolatée par Ghraoui Chocolate Industry. Et là, la musique d'accompagnement était la barcarolle des contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach.
A droite : Aida a pris les traits de la comédienne Julie Ferrier, habillée par jean Doucet et chocolatée par Michel Cluizel
Les deux beaux gosses sont des mannequins, pas des statues grecques en chocolat au lait. Et pourtant, j'en connais qui les croqueraient bien.
Armande Altaï a essayé de faire croire qu'elle savait chanter en interprétant Pergolèse, on a vite oublié son filet de voix, préférant retenir la superbe robe baroque créée par Moon Young Hee et chocolatée par Jacques Bellanger. Ce que j'aime, c'est que sur ma photo le masque a l'air de cligner de l'œil.
Gracieuse et enchanteuse, une soudaine apparition angélique de petits rats qui dansaient la valse des fleurs de Casse Noisette a suscité l'émerveillement.

C'était pour entourer la création de Nestlé et Coralie Robert, portée par la comédienne Claire Borotra.
On n'évoque pas l'opéra sans Carmen. C'est Marie Fugain, dans une robe magnifique de Virginie Stucki et La Maison du chocolat.
On voit ici Gilles Marchal, ancien chef pâtissier du Bristol, qui travaille maintenant pour la Maison du Chocolat.
Médée était sous les traits de Lara Fabian, mais pourquoi n'a-t-elle pas chanté ?
Ci dessus, Lara Fabian est entre Jean Paul Hevin qui a chocolaté le costume (Oui, le collier est en chocolat ! Moi j'adore les sandales, pas vous ?), et Hervé Léger qui a créé le costume.
Et voici l'ébouriffant final. Chanté par le contre-ténor Matteo, qui interprétait le Cold Song de Purcell.
Un tableau de chocolat "grandeur nature" représentant le déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet. La comédienne Armelle Lesniak dévoilait ses appâts, comme on disait autrefois. L'ensemble, avec la voix et la musique, donnait la chair de poule (vous me direz : normal que ça donne la chair de poule, c'était le Cold Song ...) On imagine le nombre d'heures de travail pour réaliser une chose pareille.
C'est le chocolatier Pierre Marcolini et le designer Charles Kaisin qui ont imaginé cet époustouflant tableau.

A suivi un hommage à Gaston Lenôtre : tous les Meilleurs Ouvriers de France, les MOF, ayant débuté leur carrière chez ce grand pâtissier, sont montés sur scène en présentant le gâteau "Feuille d'Automne" créé par Gaston Lenôtre dans les années 60. Une dégustation en bonne et due forme a suivi tout ça, bien sûr...
La suite de ma visite du salon sera dans le prochain billet. Si vous êtes parisiens, vous avez encore aujourd'hui pour vous rendre au salon, c'est à la Porte de Versailles, à Paris, et ça vaut le coup !
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mercredi 23 septembre 2009
Interview...
Les lecteurs que cela intéresse pourront lire mon interview sur le blog Wine & Food, hop, c'est par ICI .
dimanche 20 septembre 2009
Les moelleux : c'est aussi un jeu
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A propos des moelleux, coulants et fondants, dont je vous parlais dans le billet précédent (clic)...
Vous
avez vous aussi une recette qui fait fondre toute votre
famille ? Celle qu'on vous redemande à chaque fois avec des yeux
suppliants ? Vous exécutez avec brio une recette classique de coulant
au chocolat ? Vous venez de retrouver la recette du gâteau moelleux de
votre grand mère ?
Alors allez jouer sur le blog de Mamina : Et si c'était bon. (Comme si on se posait la question : oui, c'est bon !)
Cliquez sur la photo ci-dessus pour tout savoir sur le jeu.
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lundi 27 juillet 2009
Des invitations dans des palaces, de l'ironie, et du sens des affaires...
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Début juillet je fus invitée au Bristol, où j'ai vécu un déjeuner hors norme : succulent pour le repas et aussi pour l'ironie. J'apprécie l'ironie comme on apprécie une bonne confiture, un grand vin ou un chocolat corsé. C'est un des plaisirs de la vie, très intellectuel certes, mais délicieux. En fait j'ai beaucoup ri. Intérieurement, rassurez-vous : je sais me tenir à table.
C'est une chance extraordinaire de pouvoir aller dans de tels
endroits. Pour situer, je vous rappelle que le chef de cette maison, Eric Frechon, a obtenu cette année sa troisième étoile
au guide Michelin.
Le Bristol, situé à Paris à deux pas de l'Elysée, est un très bel endroit. S'il fait beau on peut déjeuner ou dîner dans le jardin.
On pourrait se dire : un repas de conférence de presse n'est pas un "vrai" repas du Bristol, ils doivent servir des plats différents de leur carte habituelle, des choses plus simples et moins recherchées... Si c'est le cas, alors un dîner en tant que client "normal" doit être un véritable feu d'artifice ! Ce repas fut d'un bout à l'autre fabuleux : générosité, saveur, raffinement, plaisir des yeux et des papilles. Il y a plein de gens blasés qui se croiront intelligents de tout critiquer, moi je suis sortie de là les papilles émoustillées, et aussi la tête pleine de questionnements sur la marche du monde.
Bon, c'est très bien tout ça, mais où est l'ironie ?
Eh bien l'ironie c'est que j'étais invitée par le groupe Lactalis . Souvenez-vous : la guerre du camembert, et la crème au lait entier, dont j'ai déjà parlé, c'est eux ! Si.
Lactalis qui est, je le rappelle, le 2° groupe laitier mondial, lance sur Internet un nouveau site : envie de bien manger.fr, destiné à promouvoir ses marques, et pour cette occasion a réuni la presse française au Bristol.
Chez Lactalis, nous sommes des gens qui aimons bien manger, a souligné Luc Morelon, le directeur de la communication, dans son speech d'accueil. Donc le Bristol est l'endroit parfait pour vous inviter pour le lancement de notre nouveau site.
Le site se targue de promouvoir la culture du bien manger. On y trouve des recettes, des conseils (parmi lesquels j'ai noté celui-là : si vous voulez un repas plus léger, prenez plutôt un fromage qu'un dessert. Hum. C'est eux qui le disent.) On peut aussi se faire un carnet de recettes et le commander en ligne, on reçoit chez soi un petit livre avec des photos, et leur service marketing obtient par la même occasion notre adresse postale de clients motivés, dont ils feront surement bon usage.
Ce site a l'ambition de devenir le Facebook des sites culinaires, rien que ça : les inscrits, moyennant le modique don de leur adresse de courriel, pourront créer un carnet personnel et aussi échanger leurs recettes avec les autres internautes. Ils appellent ça le "Facecook", et en privé (est-on réellement en privé quand on parle à un journaliste ?), ils nous expliquent que c'est un piège à c... lics. À clics, j'ai dit ! Vous saviez que ça existait ? Moi je l'ai découvert, innocente que je suis.
Oh quelle surprise ! On ne sert pas du beurre Président au Bristol ? Serait-ce un sabotage de l'ennemi ? Serait-ce un impardonnable oubli, une horrible lacune ? N'est-il pourtant pas au top, le beurre Président ? En tout cas, personne n'a fait de scandale. Sauf une petite voix : tiens, ce n'est pas du beurre Président. Sourire gêné : et si on parlait d'autre chose ?
(Ceci dit, le pain est un délice, quant au beurre, il est à la hauteur du reste).
Mais voici qu'on nous apporte l'entrée.
Macaronis gratinés au vieux parmesan, farcis à la truffe, artichaut et foie gras. C'est aussi bon que ça a l'air appétissant.
Je me trouvais à la table d'un cadre de Lactalis qui s'occupe de l'exportation avec l'Asie et le Moyen Orient. C'est en dégustant ces macaronis que j'ai appris l'intention du groupe d'arriver sur le marché chinois, et pas n'importe comment : avec la mozzarella Galbani.
En Europe, la consommation de produits laitiers est en moyenne de 200 kg par an et par habitant (280 kg pour la France qui arrive juste derrière la Grèce, les Suisses étant en tête), alors qu'en Chine elle est de l'ordre de... 200 g. Vous concevez l'ampleur du marché à conquérir ! Seulement le hic, c'est que si les chinois consomment très peu de produits laitiers, c'est à cause de leur culture alimentaire. C'est ainsi depuis des millénaires et on sait bien qu'il est extrêmement difficile de changer les habitudes alimentaires, en tout cas cela prend plus d'une génération. On peut rétorquer que nous les Français, nous consommons aussi de la sauce soja. Certes, mais c'est marginal par rapport à notre alimentation globale, et toujours considéré comme un produit exotique, tout comme le fromage pour les chinois.
Je me disais dans mon for intérieur, tandis que je terminais la dernière et exquise bouchée de macaronis : que c'était une ineptie de vouloir faire manger de la mozzarella aux chinois. Quel sera l'intérêt quand tous les hommes de la planète mangeront pareil ? Où sera la diversité alimentaire ? Où sera le plaisir de voyager et de découvrir de nouvelles saveurs si on mange partout la même chose ? Où seront les singularités qui font toute la beauté des gastronomies locales ? Les chinois préfèrent le tofu à la mozarella Galbani, on ne va pas leur en faire reproche. Cela les embête un peu, chez Lactalis, ils ne vendent pas la mozzarella aussi vite qu'ils le souhaiteraient.
Dès le premier plat, je me rendis compte que Lactalis prône ouvertement la variété des saveurs, c'est même écrit dans leur communiqué de presse, mais en réalité ils œuvrent pour l'uniformisation planétaire de l'alimentation. Ironique, non ?
Moi ça me fait peur, cette idée d'uniformiser tout le monde. Mais, c'est bien connu, je n'ai aucun sens du business !
Le second plat vient d'être servi.
Bar de l'Île d'yeu,
citron et coriandre, artichaut violet cuit au jus de coques et
couteaux. Cuisson du bar parfaite la sauce crémée aux coquillages est
un vrai délice. L'écume qui surmonte le tout fait partie des
concessions à la mode, mais ici, figurez-vous :
elle a du goût !
Ce dut être au moment où l'on nous apporta le poisson
et sa merveilleuse sauce aux coquillages délicieusement crémée qu'une
collègue mienne, qui n'a pas sa langue dans sa poche, a posé la
question insidieuse :
— Comment faisait-on de la crème avec du lait écrémé ? a-telle
demandé,
alors que la conversation de table allait bon train. Le monsieur n'a
pas tout de suite compris la question, ou n'a pas voulu comprendre, il
a fallu la lui répéter et lui rappeler : Vous annoncez que votre nouvelle crème est au lait entier. Alors comment faisait-on jadis de la crème au lait écrémé ?
Il s'est
un peu perdu dans des explications, arguant que c'est uniquement un argument
marketing pour différencier cette crème de la Bridélice, la
préparation laitière allégée
en matières grasses qui sort d'une usine du même groupe. Ce n'est pas
vraiment une crème, ça oui, il nous l'accorde... Mais puisqu'il y a des
consommateurs — et surtout -trices— qui la réclament et qui croient que
c'en est (de la crème)... ne leur enlevons pas leurs illusions.
Bref,
il semble qu'il soit toujours aussi impossible de
fabriquer de la crème à base de lait écrémé, même avec les moyens de la
technologie actuelle, et que les vaches ne soient pas encore
génétiquement programmées pour ne faire que du lait écrémé qui
donnerait directement de la Bridélice. On est rassurés, mais jusqu'à quand ?
Au deuxième plat j'étais persuadée que Lactalis n'est pas vraiment prêt à faire de la pédagogie alimentaire, même dans leur nouveau site internet. Ironique, non ?
J'ai l'habitude d'appeler de la crème de la crème et de l'allégé du succédané. Mais je n'ai absolument aucun sens du business !
Les choses véritablement sérieuses ont commencé au plat de résistance.
Carré et selle d'agneau de lait à la broche, pois chiche et cumin, brick d'épaule confite à la coriandre. Saveur,
moelleux, délicatesse : le mignon carré d'agneau, et la selle fondent
dans la bouche. Même la carotte qui sert de support au brick est bonne
! La purée de pois chiches très délicatement parfumée au cumin
parachève l'ensemble. Quant au jus, il est d'un corsé...
Le responsable de l'export du groupe Lactalis nous a expliqué qu'il travaillait beaucoup avec le Proche Orient. Les pays arabes adorent la feta (il voulait en réalité parler du fromage de brebis Salakis, qui n'a plus le droit de s'appeler feta depuis que les grecs ont gagné leur bataille en 2002) et la consomment par kilos. Les affaires avec l'Irak sont aussi très florissantes. "C'est toujours très bon pour le commerce de travailler avec les pays en guerre", a-t-il affirmé péremptoirement en se frottant les mains, peut-être un peu euphorisé par le Margaux qui accompagnait avec bonheur l'agneau rôti. Éberluée, j'ai quand même terminé la purée de pois chiches au cumin, qui n'y était pour rien, la pauvre, ni dans le malheur des Irakiens, ni dans le cynisme des industriels.
Il a continué : " Nous travaillons aussi avec l'Iran. D'ailleurs, suite aux événements récents, le gouvernement iranien a confisqué des denrées de première nécessité pour les redistribuer lui-même. C'est ainsi qu'il nous a réquisitionné un lot de lait infantile en poudre, il y en avait pour plus de cent mille euros. " Je me suis demandée un instant s'il fallait le plaindre, mais en écoutant la suite j'ai su que non. "D'ailleurs moi, ça m'est égal, j'ai une bonne assurance que je paye très cher (ici il a appuyé de la voix sur le mot "très") et qui m'a tout remboursé... Mais mon revendeur iranien, lui, a tout perdu." La phrase est tombée sans état d'âme : une simple affirmation, comme un couperet. Je suis restée complètement ébahie devant tant de cynisme.
A la fin du plat de résistance, j'avais compris que Lactalis, sous son air bon enfant de vouloir rendre service aux internautes, et de promouvoir une alimentation savoureuse et bonne pour la santé, n'était pas philanthrope pour deux gouttes de lait. Ironique, non ?
Là, je n'avais plus très faim. C'est la preuve que je n'avais toujours pas acquis le sens du business.
A suivi un plateau de fromages que, un peu abasourdie, je n'ai pas photographié.
Un superbe Camembert fermier au lait cru, de derrière les fagots d'une ferme normande, un Roquefort à en avoir les larmes aux yeux, ensemencé au vrai pain moisi et affiné fort longtemps et un vieux Comté à soupirer de bonheur en pensant aux vaches montbéliardes et aux longs mois d'affinage dans des caves sûrement très profondes. Ce plateau, qui ne comportait que trois fromages différents, faisait partie de ceux pour lesquels on garde toujours la légendaire petite place, même si l'on a déjà bien mangé avant. De plus, on nous a servi pour l'accompagner des tranches de pain au levain qui étaient un pur délice (il ressemblait au mien, c'est dire !)
Si je vous en parle c'est qu'il est important pour l'ironie, ce plateau. Ces fromages qui n'ont jamais connu l'opprobre d'un entrepôt frigorifique ou la honte d'un stérilisateur, même les représentants de Lactalis les ont dégusté jusqu'à la dernière lichette. Ils nous ont expliqué avoir voulu ce plateau de fromages, malgré le fait que ce repas était déjà très copieux, parce qu'un repas offert par une entreprise de produits laitiers se devait d'en présenter un. Mais aucun fromage de chez eux n'y figurait. Notons-le. (Tant mieux, soit dit en passant, ça m'aurait ennuyée de rater ceux du Bristol).
Après le fromage, j'étais persuadée que chez Lactalis, il se régalent de tout ce qu'ils combattent. Ironique, non ?
J'ai l'habitude de promouvoir les produits que j'aime et de ne pas parler de ceux à la mode. Décidément je suis irrattrapable quant à mon manque de sens du business.
La cerise sur le gâteau : sur le croustillant la noix.
Et voilà le dessert, c'est joli, n'est ce pas ? La spirale est en chocolat. La glace au chocolat au lait et la barre se compose d'un praliné croustillant aux noix du brésil et d'une mousse de lait très très légère entre deux fines plaques de chocolat.
C'est
un des meilleurs desserts de restaurant que j'aie dégusté depuis
longtemps. On voit ici le détail du praliné croustillant qui se cache
sous la mousse à la vanille.
A ce moment là, j'avais fermé mes oreilles à toutes les horreurs du monde.
Nous n'avons pas vu Eric Frechon, mais son chef pâtissier Laurent Jeannin
est venu nous saluer à la fin du repas. C'est chaleureux de pouvoir
féliciter un artiste, comme après un film qui se termine bien.
En sortant de là je m'interrogeais sur ce monde où nous vivons. Il y a quelque chose qui tourne de travers, non ? Pourtant la spirale en chocolat était parfaitement ronde, elle.
C'est peut-être la dernière fois que l'on m'invite au Bristol. (Soupir). Je n'ai réellement aucun mais alors aucun sens du business !
Chers lecteurs, je suis sûre que vous vous demandez comment ils font la spirale au chocolat ? Essayez de deviner, vous aurez la réponse dans le prochain billet....
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lundi 11 mai 2009
Ducros ne se décarcasse plus beaucoup
Il y a un petit moment déjà, j'ai reçu un échantillon d'assaisonnement pour pâtes alla caprese de Ducros.
C'est
un mélange d'épices (enfin quand je dis épices...) disons c'est un
mélange de poudres, destiné à assaisonner des pâtes vite fait bien
fait. Je l'avais un peu oublié dans mon placard, quand l'autre jour,
je le retrouve inopinément. Tiens, me dis-je, si j'essayais ça ce soir
?
Je sors l'eau bouillante, la casserole et les spaghettis, je regarde le mode d'emploi sur le flacon, c'est effectivement hyper facile et rapide : les pâtes étant cuites, on les égoutte, on arrose d'un filet d'huile d'olive et on saupoudre 1 ou 2 cuillères à café de mélange par personne. J'en ai mis deux. Ne soyons pas pingres.
Cliquez sur la photo pour lire la composition du produit.
Côté visuel, cela vous donne des pâtes constellées de minuscules points multicolores. Côté goût, c'est tout simplement navrant. C'est entre la poussière d'ail desséché et la soupe en sachet instantanée, celle qui doit être faite avec les débris de légumes lyophilisés qui tombent en bas des machines. La saveur est chimique, industrielle, très salée. Les mama caprese doivent se retourner dans leurs tombes depuis la vingt cinquième génération. Et moi, j'avais honte pour mes pâtes qui ne méritaient pas ça.
Comme je l'ai toujours dit à mes enfants : de temps en temps, il faut manger des choses pas bonnes pour pouvoir apprécier la bonne cuisine. A cette occasion, merci Monsieur Ducros : j'ai apprécié la succulence de simples pâtes avec juste une noisette de beurre et une râpure de fromage, ou une goutte d'huile et une pincée de basilic frais, ce qu'on devrait faire quand on n'a pas le temps, au lieu d'ouvrir un improbable flacon industriel.
L'emballage nous promet de la tomate, de la mozzarella et du basilic : on ne retrouve le goût d'aucun de ces trois ingrédients, même pas en rêve. Et c'est pas en rêve non plus que j'ai vu le prix de ce truc : 3, 55 euros le flacon de... 65 grammes. Ce qui nous donne comme prix au kilo : 54 euros !
Eh bien, ne dépensez pas votre argent pour cela. Prenez 10 secondes pour hacher une gousse d'ail ou un brin de ciboulette, vous vous régalerez autrement, et votre porte monnaie aussi.
lundi 20 avril 2009
Paperblog : escroc, mais pas trop...
On connaissait les pirates, je vous présente les vampires du net
J'ai récemment été contactée par le site Paperblog. Ils voudraient , disent-ils, me faire découvrir leur site, un "service de diffusion" dont la mission est d'identifier et valoriser les meilleurs articles issus des blogs, des "pépites", précisent-ils (hou les flatteurs !), et de leur donner une plus grande visibilité et donc une audience plus importante.
Jusque là, on se dit qu'ils sont bien gentils.
Pour me faire une idée, ils m'invitent à venir leur rendre visite là : http://www.paperblog.fr. Si le concept m' intéresse, que je n'hésite surtout pas à proposer mon blog. Allons voir, cela n'engage à rien, me dis-je.
Comment ils détournent le trafic des blogs et les laissent exsangues
Paperblog publie en effet les articles des blogs membres, mais c'est en entier et non pas en extraits. L'internaute de passage n'a donc absolument aucun intérêt à cliquer sur le lien de renvoi au blog original. D'ailleurs ce lien de renvoi est complètement subliminal, il faut le chercher pour le trouver ! De plus, lorsqu'on clique sur le nom de l'auteur de l'article, on tombe, non pas sur son profil dans son blog, mais sur un profil dans Paperblog avec la liste des articles publiés à l'intérieur de ce site. Et si un lecteur veut écrire un commentaire, celui-ci se retrouve dans Paperblog et pas du tout sur le blog original de l'auteur !
Donc, pour moi cela n'a aucun intérêt, contrairement aux sites Blogappetit, Ptitchef, Wikio, Croquenbouche et d'autres , qui, eux, font connaître les blogs en publiant seulement le titre, ou un flux tronqué des nouveaux articles, lequel ramène directement au blog original si l'on clique dessus.
Le fait que Paperblog publie intégralement les articles a un autre inconvénient, et non des moindres : lorsque les moteurs de recherche comme Google trouvent deux pages avec un contenu similaire, il n'en référence qu'une : celle du plus gros site. Donc, non seulement Paperblog ne vous apporte pas de lecteurs supplémentaires sur votre blog, mais en plus vous n'êtes même plus référencés, ou alors très loin de la première page, et si un internaute tape un mot clé de votre page, il va tomber, non pas chez vous, mais sur le site de Paperblog !
Déjà méfiante, je fis une recherche pour connaître la notoriété de ce site sur le net. J'ai vite repéré maintes plaintes de blogueurs membres ou ex membres du site. Il est extrêmement difficile de se désinscrire une fois qu'on s'est fait attraper. Certains blogueurs ont dû, pour parvenir à se retirer du système, publier un billet dénonçant les agissements de Paperblog... billet qui s'est évidemment retrouvé en intégralité à la une de Paperblog. Et bizarrement, leur désinscription demandée depuis des semaines eut lieu immédiatement dans la foulée.
Mais le bouquet final, la perle, le pompon, c'est quand on lit les conditions générales. C'est hallucinant.
Non seulement ce site bénéficie des subsides de la publicité en pillant gratuitement et impunément le contenu des blogs. Mais en plus ils peuvent utiliser vos textes ou vos photos, enfin tout le contenu de votre blog, non seulement sur internet, mais pour en faire des livres, des journaux, des objets publicitaires, des DVD, et toutes sortes de choses, soit pour leur propre compte, ou bien le revendre à titre onéreux à des partenaires, et sans vous verser un centime. Et cela jusqu'à l'extinction des droits, soit 70 ans après votre mort.
J'appelle cela du vampirisme. C'est extrêmement malhonnête et doit être dénoncé.
Je ne donnerai évidemment pas suite à leur invitation, et surtout vous mets en garde, blogueurs et blogueuses : lorsque vous recevez des propositions de ce genre, regardez-y à deux fois, réfléchissez et lisez bien tout ce qui est écrit dans l'offre, même en tout petit. Votre contenu a de la valeur, ne vous laissez pas vampiriser !
Nadja a relayé cet article sur son blog Dans mon bocal. Avec une réponse du fondateur de Paperblog, qui nous laisse pantois.
vendredi 3 avril 2009
Trophées Mumm : sommeliers et barmen, la relève est assurée.
La maison de Champagne G.H. Mumm , célèbre pour son "cordon rouge", organise depuis 2003 , en partenariat avec l'Éducation Nationale, un concours destiné à récompenser les jeunes talents des mentions complémentaires sommellerie et bar des lycées hôteliers de France. Cette année, 6 jeunes lycéens sont parvenus en finale dans la catégorie sommellerie, et 6 autres dans la catégorie bar. Ce trophée les aidera dans leur future carrière professionnelle, en leur permettant de travailler dans des établissements prestigieux.
C'est une très bonne chose que de grandes maisons comme Mumm s'intéressent aux jeunes talents, les encouragent et les aident dans leur parcours. Ces métiers de bouche sont difficiles : on ne compte pas ses heures, on travaille dur, mais ce sont des métiers de passion. On peut trouver étrange qu'une maison de champagne, donc d'alcool, soit partenaire avec l'Éducation Nationale. N'oublions pas que l'apprentissage de la modération passe par l'éducation au goût. Les jeunes qui ont un problème de consommation exagérée d'alcool ne sont pas les mêmes que ceux qui savent apprécier la saveurs subtiles d'un vin ou d'un champagne. Il y a une différence entre la dégustation et la consommation problématique.
J'ai
eu la chance d'être invitée pour la finale de ce concours et d'assister
à la remise des prix, en présence de membres éminents de la
gastronomie, de la sommellerie et de l'Éducation nationale. C est
toujours un moment émouvant.
Jean Luc Petitrenaud a remis les prix aux lauréats. Il faut souligner que pour la première fois, c'est une jeune fille qui a remporté le premier prix en sommellerie : Julia OUDILL du lycée hôtelier de Talence. Elle s'est fait remarquer lors des dégustations en aveugle. Il est heureux que le talent des filles soit reconnu, dans une discipline encore très souvent masculine ! Et d'ailleurs le public lui a fait une ovation.
La 2ème place est revenue à Jérémy PESTRE du lycée de Toulouse, suivi de Bertrand DAMBLON du lycée de Chamalières. 4ème ex aequo : Guillaume LEBRUN-BRETON du lycée de St Chely d’Apcher, Samuel PAULUS du lycée de Illkirch et Thomas KAKOURIDIS du lycée de Marseille.
Sylvain VALAT du lycée de Guyancourt a terminé vainqueur pour la catégorie bar, grâce à son étonnant Strawberry Cocktail au Champagne.
Il était suivi d’Anthony GRANZO du lycée de Sète et Anne-Sophie CROS du lycée de Biarritz.
4ème
ex aequo: Jonathan CENAC du lycée d’Eragny Sur Oise, Davy CLAVIER du
lycée de Saint Nazaire et Alexandre AVARISTO du lycée de Gérardmer.
Ils sont tous venus avec leurs professeurs, qui, à mon avis, devaient être fiers de leurs élèves.
Un cocktail, puis un dîner servi dans la cave de Mumm, ont suivi la
remise des prix. La préparation et le service du cocktail étaient
assurés par le lycée Gustave Eiffel de Reims, et pour le repas c'était les élèves et professeurs du lycée hôtelier de Bazeilles.
Les
jeunes futurs chefs de notre gastronomie sont épatants. Le repas était
vraiment bien réalisé, ça promet pour leur future carrière ! Le service
était parfait, discret et gentil. Le champagne (qu'il faut consommer
avec modération, tout le monde le sait) était servi avec toute une
chorégraphie en rouge et blanc. Tout au long de la soirée, Didier
Mariotti, le chef de cave de Mumm nous a expliqué
toute la vie et les mœurs des champagnes du repas, nous a
initiés à la dégustation, et c'était passionnant.
Voici le menu qui nous a été servi, vous imaginez bien que j'ai pensé à vous, chers lecteurs, et que, incorrigible, j'avais emmené mon appareil photo. Enfin j'ai fait ce que j'ai pu dans la lumière parcimonieuse de ce caveau. Cliquez sur les images pour les voir plus grandes :
Foie
gras de canard au confit de figue, gourmandise au pain d'épices, foie
gras d'oie poêlé sur tarte fine aux abricots, glace de canard
aigre-douce.
Accompagné d'un champagne Mumm cordon rouge 2001, élégant et fruité avec une finale aux parfums de miel et noisette.
Dinde rouge des Ardennes en deux façons : suprême farci aux pieds de porc et cuisse en vessie, sauce crème aux morilles.
On a servi un champagne Mumm Cuvée R Lalou 1998, aux arômes de fleur blanche et de fruits confits, d'une grande délicatesse.
Bavarois de chaource et millefeuille de vieux comté au beurre de noix. Mesclun à l'huile de noisette.
Avec un vin de Nouvelle Zélande, oui, un pinot noir Montana-terraces Marlborough, 2007. Cerises, pain grillé, soyeux et complexe.
Assiette
gourmande Trophée Mumm. Mousse nougat, noisette caramélisée, macaron à
l'abricot, mendiant , tuile croquante et coulis passion.
Et là c'était un Champagne Mumm de Cramant
de 1955. Étonnant ! Des saveurs de caramel, praliné, miel. Ce n'est
plus un champagne comme on a l'habitude d'en boire, il a moins de
bulles, il peut dérouter, mais il a encore de la fraîcheur. J'ai trouvé
qu'il s'accordait parfaitement au dessert sans y rajouter de saveur
sucrée qui eût été écœurante.
Voici quelques photos de la soirée
Une jolie table, décorée par les élèves du lycée Hôtelier.
Le pinot noir de Nouvelle Zélande. Dégusté à l'aveugle, absolument personne n'a trouvé sa provenance !
Le ballet des serveurs, impressionnant.
Sylvain Valat, futur barman, lauréat du trophée Mumm 2009 et son professeur.
Les deux lauréats, Julia Oudill et Sylvain Valat présentent leur trophée.
Service du cocktail par une élève en 2° année de BEP au lycée Gustave Eiffel.
Un petit coucou de Jean Luc Petitrenaud pour les lecteurs de ce blogue !
(Il parlera de cet événement dans son émission de samedi à 12 h 50 sur Europe 1)
mercredi 25 mars 2009
Qui a inventé le fil à couper le beurre ?
On n'arrête pas le progrès, moi je vous le dis.
Il faut reconnaître que les publicitaires de la marque de produits laitiers "Président" sont très forts.
Ils
viennent de lancer un époustouflant nouveau produit. Vous ne devinerez
jamais lequel. En tout cas, moi je n'y aurais jamais pensé. regardez la photo du pot à gauche. Vous ne remarquez rien ?


La crème fraîche... au lait entier !
Vous en restez sans voix .
Moi aussi.
Non, ne rigolez pas, c'est très sérieux. C'est même écrit sur l'emballage.
Vous demandez comme moi, comment on a pu faire jusqu'à présent pour faire de la crème fraîche sans avoir au départ du lait entier. A partir de lait écrémé ? C'est pas facile quand même... Non... quand même pas à partir d'eau de mer ?
On nous avait déjà fait le coup du pain aux céréales (ah bon c'est fait avec quoi, sinon, le pain ? Du blé ? Ah bon et c'est pas une céréale, le blé ? )
Les publicitaires jouent sur les mots pour parler à notre imaginaire, voire même à notre inconscient. Ils ont inventé aussi l'eau à 0%, rappelez-vous. Et même les yaourts aux morceaux entiers de fruits. Vous vous souvenez ? (Faudrait savoir : les fruits ne peuvent pas être à la fois entiers et en morceaux, faut choisir ! Ben ils ont réussi à nous faire des morceaux entiers, fortiche !)
Alors maintenant on attend l'eau gazeuse avec des bulles, les œufs complets avec le jaune, le blanc et la coquille, et pourquoi pas le gigot d'agneau à quatre pattes. Et aussi les caramels au sucre cuit, les voitures à quatre roues. Le saumon élevé sous la mère, neu non, sous la mer...(Si vous en voyez d'autres, n'hésitez pas à les écrire dans vos commentaires, qu'on rigole un peu. )
Ces publicitaires, vous allez voir qu'ils vont bientôt nous inventer l'eau froide !
jeudi 12 mars 2009
Les petit pots de miel vont-ils disparaître ?
Quoi de plus traditionnel que le miel ?
C'est un produit 100 % naturel, fabriqué par les abeilles et consommé par l'Homme depuis des millénaires. Bien avant le début de l'agriculture, bien avant qu'on ait même idée de faire du sucre et que Nostradamus nous ait légué le premier traité des confitures au XVI° siècle.
Or,
aujourd'hui, la règle d'or du marketing est la nouveauté. Je ne sais
pas pourquoi, on pense que ce qui est nouveau est bien, on veut nous le
faire croire. Il paraît que quand on écrit «nouveau» sur une étiquette,
le produit va se vendre comme des petits pains. (Pourtant c'est pas
nouveau, les petits pains.)
Comment faire du «nouveau» lorsqu'on vend du miel ?
On
ne peut évidemment pas changer la recette ! Il faudrait d'abord
l'apprendre aux abeilles, et c'est un peu difficile. Il faudrait leur
apprendre à lire puis leur donner la nouvelle recette dont on leur
fournirait les ingrédients. (Remarquez, il y en a bien un qui trouvera
un jour le moyen de faire du miel transgénique, en version «light» ou
parfumée au coca cola... Enfin s'il reste encore des abeilles à ce moment là, mais c'est une autre histoire.)
Eh bien non, il y a plus simple : on garde le même miel et on change l'emballage.
Ni vu ni connu, on n'a qu'à dire que c'est nouveau, et les gens vont le croire.
Pratique, original, moderne, dynamique et efficace... Un nouveau packaging fait son entrée au rayon miel dans les linéaires. Lune de Miel
crée la surprise et propose son Miel de Fleurs en Doypack, un emballage
souple aux allures de sachet qui devrait ravir les amateurs de miel et
de produits nomades.
C'est ce que disait le communiqué de presse. Un doy pack, pour résumer : c'est une espèce de sachet souple, avec un bouchon.
Au
début, quand je l'ai reçu, j'étais d'accord, j'ai trouvé ça très
pratique, et marrant, ce sachet d'où coule le miel. Ça ferme par un
bouchon à vis, c'est propre, on n'en met pas partout. On ne gaspille
rien.
En y réfléchissant, j'ai quand
même pensé qu'un emballage de 1 kilo, ça ne fait pas tellement «produit
nomade», comme ils disent. Un produit nomade, c'est sensé être un truc
qu'on emmène dans sa poche pour le grignoter hors de chez soi. Je ne me
vois pas emmener le kilo de miel en ballade.
Je ne sais pas combien de temps vous mettez, vous, pour manger 1 kilo de miel, mais chez moi depuis que les enfants sont partis, ça prend un peu de temps. Surtout qu'entre deux, un apiculteur de nos amis nous a fait cadeau de deux gros pots provenant de sa récolte. Donc, tout ça pour vous dire que le doy pack est resté oublié un mois dans le placard, nous avons préféré déguster d'abord le miel artisanal.
Voulant faire l'autre jour ma joue de porc au miel,
je ressors le bidule. Le problème c'est que le miel a durci à
l'intérieur, il n'est plus liquide du tout. Comme tout miel qui se
respecte, il a fini par cristalliser. Et pour le faire sortir ce ne fut
pas une mince affaire !
Quelle belle bagarre avec ce paquet ! Il m'a fallu plusieurs minutes de torsion, pression, lissage
avec une spatule, menaces et aussi quelques gros mots, je l'avoue, pour
arriver à sortir une petite cuillerée de miel. Il était devenu pâteux,
mais sans exagération quand même : même pas complètement solide. Pourtant il ne voulait rien savoir, le bougre. Il refusait obstinément de couler dans ma cocotte. Quand
on presse, ça part de l'autre coté du bouchon, quand on tord, ça reste
coincé dans les plis. J'ai essayé de le mettre à l'envers, mais ça a
mis un temps fou à redescendre. Il aurait sans doute fallu chauffer le
sac au bain marie pour liquéfier le contenu, mais avouez que ce n'est
pas simple comme innovation pour nous simplifier la vie !
Et je ne vous raconte pas mes joues de porc qui s'impatientaient dans la cocotte pendant ce temps-là.
Finalement le bon vieux bocal très ringard, celui où l'on plonge la cuillère, ça a du bon, non ?














































































