lundi 1 juin 2009
Sous la branche du cerisier
xx
Question à cent sous : c'est quoi le bonheur ?
L'argent ? L'amour ? Les enfants ? La renommée ? Le pouvoir ? La
réussite sociale ? La plage en été et la neige en hiver ? Les
restaurants trois étoiles ? La santé ? La beauté ? Remettre son maillot
de l'année dernière qui d'ailleurs était un peu juste au niveau des
hanches ? La jeunesse éternelle ? Le beau temps ? Avoir un superbe blog
sur internet où des millions de visiteurs se bousculent à chaque seconde ?
Croyez-vous, chers lecteurs, qu'on peut avoir tout ça en même temps ?

Aujourd'hui, on a la branche du cerisier. La générosité, l'abondance, la joie de vivre et la simplicité. Les jardins merveilleux de l'enfance, l'arbre où l'on grimpait pour aller grignoter les fruits écarlates, les boucles d'oreilles disputées aux oiseaux.
Croquer dans une cerise ronde et brillante, d'un beau grenat profond, tiédie de soleil, juteuse et charnue. Et voir qu'une seule branche de l'arbre en porte des kilos, et que l'arbre compte des dizaines de branches traversées de soleil qui papillonne entre les feuilles !
Oui, ça pourrait être ça, le bonheur, tous ces
instants, ces petites choses. Le goût des petites choses qui nous rend
souvent plus heureux que les grandes idées philosophiques, parce
qu'elles nous disent que nous sommes là, bien vivants. Au pied d'un
arbre qui nous survivra. Et demain ? Demain, le soleil se lèvera sur un
nouveau jour.
Vous l'aurez compris, bientôt viendront quelques recettes aux cerises...
mercredi 21 janvier 2009
On croit parfois marcher dans la beauté du monde
On croit parfois marcher dans la beauté du monde
Attendre que le temps
Cesse
Et tombe
Le premier flocon
Craindre du bout des yeux assoupir la lumière
Au fond d'un chemin creux
Et sous nos paupières
Veiller
Sur le sommeil
Des oiseaux
mercredi 31 décembre 2008
De quoi attendre l'année qui vient
Un Noël est passé
Comme un tourbillon.
De grands enfants globetrotteurs ont enchanté
Des bouffées de voyages
Des bribes de Singapour, de Londres, de la Croatie, de Namibie, du Portugal
Et aussi des promesses australes,
Des poissons, des girafes, dunes rouges et parfums d'épices
Ou d'orchidées.
Des souvenirs d'anciennes fêtes
Comme des sapins d'enfance.
Certains ont déplié leur grand tablier noir
Affûté leur couteau
Aiguisé le goût des choses
Simples
D'autres ont saupoudré la farine et tourné les amandes
Dans une crème d'ivoire
Ils ont glacé le caramel
Comme on le fait dans les châteaux
Ont nimbé le foie gras d'écarlate gelée
Ont craqué la peau d'un chapon en morilles
Mijoté, longuement écumé, miroité le jus des volailles
Ont tamisé des purées de légende
Et chuchoté des secrets
De patience
Qu'ils ont appris chez de grands Maîtres
Ont réalisé maintes merveilles
Et conté des mémoires
Qui ne sont pas encore survenues :
De quoi attendre l'an qui vient
Pour savourer d'autres rencontres
Pour échanger
Ces présents :
Nos histoires
Nos recettes
Nos mains
Et nos regards sur le monde
lundi 17 novembre 2008
Vendange tardive
Promettre un château de légende
A la fin du chemin
Chercher l'or

Entendre l'appel d'un oiseau
Sous l'accroc des nuées
Goûter le vent comme un silence transi
Au bout de la langue

Dénouer les nuages
Étranges entrelacs
Tresser des chevelures à l’odeur du froment
Filigranes d'ambre
Feuilles interminables

Palper les fruits comme des bijoux
De cendre
Et d'argent

Descendre
Le long de serpents de plomb
Lier le bien et le mal
Espérer la noblesse
Des pourritures

Attendre
Attendre les vendanges
Tardives
vendredi 5 septembre 2008
Pêches de velours et de satin
J'ai toujours aimé les pêches.

Le velours de leur peau toute chaude de soleil, qu'on enlève par
petits lambeaux pointus en tirant doucement sans la déchirer, pour
découvrir la chair humide et fraîche, parfumée. Le jus sucré qui coule
sur la langue et qui déborde sur les lèvres.
Pas besoin de couteau.
On a peur de planter un couteau dans cette peau douce. On préfère la sincère barbarie de les mordre avec les dents.
On savoure la délicatesse presque florale des pêches blanches et la rondeur fruitée des jaunes.
Les
pêches nous racontent les belles saisons et la bonté des jours d'été.
Les vergers bruissant d'abeille. Les petites robes en coton fleuri et
les épaules nues sous le soleil. Elles sont si féminines les pêches
adolescentes et rieuses.
Le pêches d'autrefois étaient mûres et
juteuses. Maman voulait qu'on les croque penchée en avant, en faisant
attention pour que le jus ne coule pas sur la petite robe claire. La
robe neuve avec les fronces et les fines bretelles, comme des rubans.
Les pêches d'autrefois faisaient des taches indélébiles sur les petites robes claires.
Comme des souvenirs qui ne s'effaceront pas.
On
se moquait bien des recommandations de Maman, sur les taches, la peau
des pêches à enlever et les petites robes à ne pas abîmer.
On riait.
On croquait la pêche, on faisait du bruit en aspirant le jus. On
faisait un peu attention, quand même, parce qu’on l’aimait bien, notre
petite robe à bretelles.
On ne savait pas qu'on ne les oublierait
pas. Les pêches, la robe, les conseils. On ne savait pas que Maman
s'inquiétait pour bien autre chose que les taches sur la robe.

Alors j'ai pensé à une recette toute simple que je dédicace à une petite robe jaune. Jaune comme la chair ensoleillée des pêches. Elle est ICI.
Le souvenir de nos robes de petites filles, le goût des fruits mûrs : à la fois dérisoire et tellement précieux.
Parce que la vie s'écoule.
jeudi 31 juillet 2008
La Mare aux Oiseaux : même le chef a des ailes
Il existe en Bretagne un coin de paradis niché dans la verdure au fond du parc naturel de la Grand Brière.
Cliquez sur les images pour les voir plus grandes.
C'est un jardin extraordinaire fleuri, entouré d'eau, planté de bambous, d'hortensias, de statues, de volières, de petites maisons sur pilotis, habité de toutes sortes de volatiles : hérons, canards, colombes, coqs et poules aux plumes de soie entourées d’une ribambelle de petites boules de duvet sur pattes. Et peut-être aussi quelques anges viennent-ils battre des ailes dans cet endroit béni.
Ce jardin entoure une auberge au toit de chaume, grande ouverte sur le chant des oiseaux par des baies de verre et de métal. On ne sait pas si l’on est dehors ou dedans. On est dans un autre monde.
Même dans la salle du restaurant, il y a des oiseaux qui ponctuent le temps d'un petit chant tout léger. Mais le temps, lui, n'écoute pas : il s'arrête.
Une auberge où l'on découvre des mets un peu magiques, un brin déroutants pour qui a besoin de trop de repères, des mets rêvés par Eric Guérin, un jeune chef aux mains ailées.
On y déguste des plats inspirés autant par la
nature environnante que par les voyages au long cours .
C’est vrai qu’on est là au bord du monde. Dans ce marais aux terres étranges battues de vents et d’eau. Entre la mer et la terre qui se mélangent, le vent caressant les roseaux et l’eau reflétant le ciel.
On
voyage de la Bretagne vers l'Asie ou l'Afrique, sur les grandes voiles
des trois mâts, les ailes des oiseaux migrateurs, ou simplement sur le
vent, sur l’écaille argentée d’un poisson, la feuille tremblante d’une
herbe.
Un lapin est pris au piège dans une cage de verre et s'allonge sur des coussins dorés.
Point d'amuse bouche improbable pour l'apéritif, mais une brioche parfumée, différente chaque jour et un petit pot de rillettes de lapin. Ce jour-là, la brioche était au chou-fleur et à l'abricot.
Une daurade cueille des haricots verts un par un pour en faire un bouquet de sushi, qu’elle pose sur une marée noire à l’encre de seiche.
Ici ce sont ses sushis à la daurade et haricots verts, des câprons, des cookies aux algues, une sauce à l'encre de seiche.
Une sardine tombe amoureuse d’un canard, ils font leur nid dans les algues. Un maigre (c’est un poisson) qui a la nostalgie de Marrakech, invite son copain l’agneau sous un crumble de petit Lu. Et une chèvre va se rouler avec délectation dans un champ de verveine…
Du sandre, un pesto de menthe fraîche, une courgette marinée, fleur de bourrache et un petit flan de courgette. Des saveurs vertes et fraîches.
On ne mange pas idiot, les plats nous racontent une histoire, des voyages, des métissages, des compositions insolites et un brin impertinentes. Des clins d’œil de soleil ou de terre brûlée sous le grand ciel de la Bretagne. Des saveurs gaies et très fraîches, des assemblages colorés et ludiques.
Le rouleau est une fine gelée de tomate. A l'intérieur se cache un tartare de poulpe et petits pois frais, la sauce c'est du chèvre parfumé à la verveine.
On se dit que le chef s'amuse en cuisine et qu’il refuse obstinément la morosité ambiante. C’est un chef taquin, semble-t-il.
On l'entrevoit l'espace d'un instant longer la terrasse pour aller cueillir trois fleurs de bourrache dans le jardin et disparaître à nouveau dans la cuisine. Une seconde après, les fleurs bleues sont là sur l’assiette pour vous titiller la papille entre le vert de la courgette et la nacre du poisson. (La fleur de bourrache a un goût iodé, qui ressemble au concombre).
Un pigeon cuit à basse température qui fond dans la bouche, des pommes de terre de Noirmoutier au sésame, une tombée de roquette et petits haricots verts, et un de ces jus de cuisson ...
Côté vins, laissons le sommelier nous guider pour des accords parfaits, la carte est étonnante, remplie de belles surprises, de vins atypiques, de découvertes.
Le service issu d'un casting hollywoodien est gentil, jeune, de
bonne humeur. C’est une maison où l’on se sent bien. Les chambres sont
confortables, bien tranquilles et joliment décorées. On est loin de
tout, loin du monde, loin des soucis.
Et pour couronner le tout : le rapport qualité-prix est d’une rare justesse.
Mais on voit rouge avec le Guide rouge qui retire son étoile à cette délicieuse maison. Que s'est-il passé ? L’inspecteur a -t-il été énervé par les coqs ? A-t-il trouvé une plume dans son gaspacho de homard ? A-t-il craint la grippe aviaire ? Un peu triste quand même.
En réaction, Eric Guérin s'est amusé à mettre sur la carte des spaghettis bolognaise, un pavé de bœuf avec frites, ketchup et béarnaise, une tomate mozza et même une galette de sarrasin... clin d'œil, clin d'œil... quand je vous disais qu'il était taquin...
162, Île de Fedrun
44720 Saint Joachim
Tél. 02 40 88 53 01
mardi 10 juin 2008
La vie amoureuse des fruits
Attention, c'est torride, surtout à la fin !

« La Sarriette était adorable, au milieu de ses fruits, avec son débraillé de belle fille. Ses cheveux frisottants lui tombaient sur le front, comme des pampres. Ses bras nus, son cou nu, tout ce qu’elle montrait de nu et de rose avait une fraîcheur de pêche et de cerise. Elle s’était pendu par gaminerie des guignes aux oreilles, des guignes noires qui sautaient sur ses joues, quand elle se penchait, toute sonore de rires. Ce qui l’amusait si fort, c’était qu’elle mangeait des groseilles, et qu’elle les mangeait à s’en barbouiller la bouche, jusqu’au menton et jusqu’au nez ; elle avait la bouche rouge, une bouche maquillée, fraîche du jus des groseilles, comme peinte et parfumée de quelque fard du sérail. Une odeur de prune montait de ses jupes. Son fichu mal noué sentait la fraise.

Et, dans l’étroite boutique, autour d’elle, les fruits s’entassaient. Derrière, le long des étagères, il y avait des files de melons, des cantaloups couturés de verrues, des maraîchers aux guipures grises, des culs-de-singe avec leurs bosses nues. A l’étalage, les beaux fruits, délicatement parés dans des paniers, avaient des rondeurs de joues qui se cachent, des faces de belles enfants entrevues à demi sous un rideau de feuilles ; les pêches surtout, les Montreuil rougissantes, de peau fine et claire comme des filles du Nord, et les pêches du Midi, jaunes et brûlées, ayant le hâle des filles de Provence. Les abricots prenaient sur la mousse des tons d’ambre, ces chaleurs de coucher de soleil qui chauffent la nuque des brunes, à l’endroit où frisent de petits cheveux.

Les cerises, rangées une à une, ressemblaient à des lèvres trop étroites de Chinoise qui souriaient : les Montmorency, lèvres trapues de femme grasse ; les Anglaises, plus allongées et plus graves ; les guignes, chair commune, noire, meurtrie de baisers ; les bigarreaux, tachés de blanc et de rose, au rire à la fois joyeux et fâché. Les pommes, les poires s’empilaient, avec des régularités d’architecture, faisant des pyramides, montrant des rougeurs de seins naissants, des épaules et des hanches dorées, toute une nudité discrète, au milieu des brins de fougère ; elles étaient de peaux différentes, les pommes d’api au berceau, les rambourgs avachies, les calvilles en robe blanche, les canadas sanguines, les châtaigniers couperosées, les reinettes blondes, piquées de rousseur ; puis, les variétés des poires, la blanquette, l’Angleterre, les beurrés, les messire-jean, les duchesses, trapues, allongées, avec des cous de cygne ou des épaules apoplectiques, les ventres jaunes et verts, relevés d’une pointe de carmin.

A côté, les prunes transparentes montraient des douceurs chlorotiques de vierge ; les reines-claudes, les prunes de monsieur, étaient pâlies d’une fleur d’innocence ; les mirabelles s’égrenaient comme les perles d’or d’un rosaire, oublié dans une boîte avec des bâtons de vanille. Et les fraises, elles aussi, exhalaient un parfum frais, un parfum de jeunesse, les petites surtout, celles qu’on cueille dans les bois, plus encore que les grosses fraises de jardin, qui sentent la fadeur des arrosoirs. Les framboises ajoutaient un bouquet à cette odeur pure. Les groseilles, les cassis, les noisettes, riaient avec des mines délurées ; pendant que des corbeilles de raisins, des grappes lourdes, chargées d’ivresse, se pâmaient au bord de l’osier, en laissant retomber leurs grains roussis par les voluptés trop chaudes du soleil.

La Sarriette vivait là, comme dans un verger, avec des griseries d’odeurs. Les fruits à bas prix, les cerises, les prunes, les fraises, entassés devant elle sur des paniers plats, garnis de papier, se meurtrissaient, tachaient l’étalage de jus, d’un jus fort qui fumait dans la chaleur. Elle sentait aussi la tête lui tourner, en juillet, par les après-midi brûlantes, lorsque les melons l’entouraient d’une puissante vapeur de musc. Alors, ivre, montrant plus de chair sous son fichu, à peine mûre et toute fraîche de printemps, elle tentait la bouche, elle inspirait des envies de maraude. C’était elle, c’étaient ses bras, c’était son cou, qui donnaient à ses fruits cette vie amoureuse, cette tiédeur satinée de femme. Sur le banc de vente, à côté, une vieille marchande, une ivrognesse affreuse, n’étalait que des pommes ridées, des poires pendantes comme des seins vides, des abricots cadavéreux, d’un jaune infâme de sorcière. Mais, elle, faisait de son étalage une grande volupté nue. Ses lèvres avaient posé là une à une les cerises, des baisers rouges ; elle laissait tomber de son corsage les pêches soyeuses ; elle fournissait aux prunes sa peau la plus tendre, la peau de ses tempes, celle de son menton, celles des coins de sa bouche ; elle laissait couler un peu de son sang rouge dans les veines des groseilles. Ses ardeurs de belle fille mettaient en rut ces fruits de la terre, toutes ces semences, dont les amours s’achevaient sur un lit de feuilles, au fond des alcôves tendues de mousse des petits paniers. Derrière sa boutique, l’allée aux fleurs avait une senteur fade, auprès de l’arôme de vie qui sortait de ses corbeilles entamées et de ses vêtements défaits. »

Je sais, c'est un peu long à lire.
Je n'ai pas pu résister.
Cet extrait du "Ventre de Paris", d' Émile Zola
est d'une sensualité , d'une tendresse... à vous donner aussitôt envie
de caresser la peau d'une pêche, de mordre une fraise ou de croquer
une cerise
C'est, à mon sens, la plus belle
publicité pour les fruits que l'on puisse imaginer. Qu'ils en prennent de la
graine, les prêcheurs des 5 fruits et légumes par jour.
Si cela vous émoustille, rendez vous dans quelques jours autour d'une charlotte aux fraises, jolie, fruitée, mousseuse, crémeuse, légère et parfumée.
vendredi 2 mai 2008
Ma cocotte en fonte noire
Ma cocotte en fonte
Est simplement noire
Ni belle
Ni moderne
Elle n’a pas la soupape
Ou le rutilant couvercle
Pour cuire les mets
En moins de temps
Que je ne soupire
Ma cocotte en fonte
A le ventre rond
Des Mère-Grand
Qui sommeillent
Savantes
Femmes
Pour qui les heures
Lourdes
Ne sont jamais perdues
À la vie
Au bonheur
D'aimer
Élixirs et substances
Moelles et essences
Bronzent et s’enluminent
S’entremêlent et dansent
Au son des liqueurs savantes
Puis dissolvent
Les frémissements de la matière
Lentes métamorphoses
Des saveurs
Ma cocotte en fonte
Chuchote le silence
Sous l’obscur du couvercle
Elle
Engendre des mondes
Et murmurante
Elle opère
La transsubstantiation
Des souvenirs
jeudi 24 avril 2008
Vous croyez vraiment que nous ne mangons que des calories ?

Nous mangeons pourtant de l'enfance
Et des souvenirs
Le goût sucré des pêches
Et des baisers
Les recettes mijotées longtemps dans la cocotte noire
La viande trop cuite et le dégoût de la cantine
Les fruits cueillis et le lait de la ferme
Les goûters sur la plage au goût salé du chocolat sur les lèvres
Mouillées d'eau de mer
Les parfums apaisants des bonbons
Le quatre-heures écrasé
Dans le cartable
Nous mangeons souvent de l'histoire et de la géographie mêlées
L’aligot ou les crêpes au beurre salé qui nous parlent
D'où nous venons
Les pâtes ou le couscous pour nous reconnaître
Loin de chez nous
Les piments d'Espelette
Le gratin dauphinois et le chocolat
Qui nous racontent la découverte des Amériques
Le poulet Marengo
Les crêpes Suzette
Des récits historique
Les nougats
Les macarons et les tourons légendent
Les mille et une nuits du pays des amandiers
Les nems et les sushis
Les curries et fajitas
Les épices et les fruits exotiques
Autant de voyages
Dans une seule assiette
Nous mangeons aussi de la civilisation
Les habitudes de notre famille
Les coutumes de notre pays
De notre religion
Les heures des repas
Ce qui se mange
Et ce qui ne se mange pas
Le vin et la dégustation
Les savoir-faire ancestraux
Les parfums
Les saveurs apprises
L’initiation
La cueillette des champignons
La pêche ou la chasse parfois
Les repas de fête et le partage
La vie qui s'écoule et tous les rituels gourmands
Nous mangeons de l’art
Avec la chance de goûter la cuisine des grands chefs
Artistes contemporains
Créateurs de goûts et de saveurs
De matières et de sons
De textures et d’effets visuels
Ces plats de l'impossible
Qui nous ravissent dans leur mystère
La pure beauté du goût
Du théâtre à table
De l'émotion dans l'assiette
Nous mangeons souvent des symboles
Le partage du gâteau de mariage
Les Treize desserts
Les gâteaux des morts mexicains en forme d’os
Et de crânes
Les agneaux de Pâques et les bûches de Noël
Les pains azymes et les herbes amères
Les brioches au safran tressées ou couronnées
Les bretzel noués et les beignets en anneaux
Les pâtés ou les pains de Pâques recelant un œuf dur
De l’éternité qui se mange
Et toujours, toujours, nous mangeons de l'amour
Celui de notre mère
L'origine
Goutte de lait après goutte de lait
Cuillerée après cuillerée
Celui des proches pour qui nous cuisinons
Ceux qui cuisinent pour nous
Avec joie de vivre ou amertume, selon les jours qui passent
Celui des amis qui nous convient à leur table.
Le pain partagé des co-pains.
Le miel et le sel de l'hospitalité
Notre nourriture n'est pas seulement du carburant à ingurgiter pour faire fonctionner notre corps.
Notre nourriture nous nourrit aussi l'âme et le cœur.
Prétendre que nous ne mangeons que des calories, des glucides et des protides, c'est prétendre que nous ne lisons que des lettres et des syllabes dans un poème de Baudelaire, ou que nous n'entendons que des notes dans un concerto de Mozart.
Réduire la nourriture à des calories : c'est nous rendre sourds et aveugles.
Et l'on s'étonne alors que nous tombions malades.
lundi 31 mars 2008
Paris murmures
Un livre pour rêver au passé, aux amours, à l'enfance...
Je voudrais vous présenter un livre, qui n’a rien à voir avec la cuisine, mais beaucoup avec la poésie.
Et comme je sais qu'un grand nombre d'entre vous aime regarder de belles photographies, ce livre va vous héler l'âme et le cœur.
C’est un livre de photographies "argentiques" en noir et blanc, sur le Paris des années cinquante — soixante.
Pour ceux qui ont connu Paris à cette époque-là, il rappellera des souvenirs d’enfance. Et les autres se laisseront gagner par l'atmosphère (atmosphère ! est ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? — on est en plein dedans) d'une ville pas encore envahie de circulation automobile et où l'on prend le temps de flâner, de rêver, de s'aimer...
On admire la simplicité des images poétiques et nostalgiques. L’œil du
photographe se pose avec une extrême tendresse sur des bribes de vie,
des petits détails remplis de saveur et, toujours, de beauté. Des ombres, des lumières, des brumes, des chuchotements et des sourires.
De vieux immeubles aujourd'hui disparus, l’ombre d’un réverbère, l’enfilade d’une colonnade et ses jeux de lumière, un pont désert sous la neige, une jolie jeune fille sur un quai, le regard d’un enfant capté au hasard, et fixé pour l’éternité, ou presque… Et plus loin, une sieste improvisée sur les marches du Panthéon, des amoureux sur le pont des arts... On se croirait dans une chanson de Brassens.
C’est un livre qui nous parle de la vie qui passe, et qui nous raconte comment les petites choses possèdent cette réelle beauté, précieuse.
Tellement précieuse.

Claude Renaud














































