mardi 3 novembre 2009
Coucourde farcie au parfum d'herbes et brebis : le pâtisson nous ouvre son coeur
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C'est un drôle de légume, le pâtisson. Il semble venu d'une autre planète avec son air de soucoupe volante. Souvent on se retrouve devant lui, on le regarde dans les yeux (et c'est terrible à soutenir, le regard du pâtisson), en se demandant ce qu'il a dans le cœur.
En fait c'est une courge comme les autres, de la famille des
courgettes, potirons et autres butternut. On le travaille comme toute
courge qu'il est : on l'épluche, on coupe la chair en tranches ou en
dés, et on le poêle, ou on le cuit à la vapeur ou à l'eau avant de le
transformer en soupe, en gratins, en purée... II ne va peut-être pas
être content, que je le traite de courge. Ou même de coucourde, comme
disent les gens du midi. Du latin cucurbita.
Si. Et c'est le même mot qui a donné gourde en français. Je vais
devoir lui demander pardon : courge gourde, ça ne fait pas plaisir
quand on vous appelle ainsi. N'empêche que son goût est assez subtil :
un léger goût d'artichaut, un peu sucré. Il en existe plusieurs
variétés, à la forme plus ou moins aplatie, à la peau blanche, jaune
orangée, verte ou panachée de ces couleurs.
Voici
une recette qui va lui plaire : nous allons le farcir. On peut utiliser
de la chair à saucisses, mais on peut aussi mettre du veau haché, du
boeuf ou de l'agneau. Dans le cas du boeuf, de la volaille, ou du
jambon, panachez avec un peu chair à saucisse ou de poitrine de porc
pour que ce soit moins sec.
Pour 3 personnes :
1 joli pâtisson bien dodu
1 oignon
1 gousse d'ail
250 g de viandes hachées : chair à saucisse, veau, boeuf, agneau, volaille...
1 œuf
Des herbes ciselées : persil, thym, basilic
100 g de feta
Quelques pignons, ou des amandes
De l'huile d'olive
Sel, poivre du moulin
On fait d'abord cuire le pâtisson entier dans de l'eau bouillante salée pendant 30 à 40 minutes, selon sa grosseur. Ensuite on l'égoutte et on le laisse refroidir un peu, sinon on se brûle. Et ça fait mal.
On le place sur la table, la face plate vers le bas et le pédoncule vers le haut. On a son couteau dans la main et si quelqu'un nous regarde, il va penser que nous avons des pensées homicides. Non, juste pâtissonicides. On découpe seulement le chapeau de la bête, que l'on retire, puis, à l'aide d'une cuillère, on élimine les nombreuses graines et on évide la chair sans percer la peau. On découpe cette chair en dés. Pensez aussi à creuser la chair du chapeau.
On fait revenir l'oignon dans de l'huile d'olive, on ajoute l'ail haché et la chair de pâtisson. Hors du feu, on mélange tout cela avec la viande hachée, l'œuf, les herbes ciselées, la feta émiettée et les pignons. On assaisonne bien et on remplit notre pâtisson. Il y aura trop de farce, c'est normal, on la dresse en dôme par dessus. Cela paraîtra plus généreux, cette farce qui déborde, et on place le chapeau de manière élégante.
On met le pâtisson farci dans un plat à gratin huilé, puis on glisse le tout dans le four préchauffé à 180°C pendant 40 minutes.
Ensuite, pour servir, on enlève le chapeau et on découpe en parts comme un gâteau. La peau, un peu coriace, ne se mange pas, contrairement à celle du potimarron. Oui, parce que vous pouvez adapter la recette au potimarron aussi. Et même à toutes les coucourdes que vous rencontrez.
Une variante que l'on peut adapter aussi se trouve ici: courgettes rondes farcies au chèvre frais (clic).
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lundi 5 octobre 2009
Un chou c'est un chou, même farci
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Le chou est un légume un peu délaissé, par ces temps qui courent. Qui courent après quoi d'ailleurs ? Bref on court tout le temps et on n'a plus celui de cuisiner le chou. Et c'est dommage. Car c'est un légume à la fois joli et délicieux.
Pour le remettre à l'honneur, je vous propose de réaliser le très célèbre chou farci, dont toutes les grands-mères auvergnates ont une recette secrète qu'elles tiennent cachée sous les piles de linge, dans un grand coffre de chêne fermé à clef, et dont la clef ne les quitte jamais.
Je ne suis pas auvergnate, mes grands-mères non plus, alors que les natifs du Massif Central me pardonnent si ma recette n'est pas orthodoxe, mais elle a le mérite d'être très simple, un peu spectaculaire quand même car le chou a l'air entier, et pas mauvaise du tout. On peut le manger chaud, ou froid comme un pâté. Moi c'est froid que je le préfère. Pour le manger froid, on prévoira de le préparer la veille.
Les lecteurs qui recherchent l'authentique (avé l'assent) peuvent aller sur ce site qui est né d'une très bonne idée : la vraie recette. Les internautes qui détiennent une "vraie" recette peuvent aller l'écrire pour la partager. Évidemment le concept de "vraie recette" est un mythe : il y a autant de recettes de la "vraie" choucroute, par exemple, que de grand-mères alsaciennes. Mais ceci dit, il est fort intéressant de comparer les versions et c'est ce que veut faire le site. Surtout il ne faut pas s'imaginer que l'on détient la seule et unique véritable recette, cela n'existe pas ! Attention, il y a eu des guerres causées par des gens qui croient qu'ils détiennent la Vérité Vraie. Mais si vous possédez dans un fond de tiroir une recette familiale traditionnelle, vous pouvez aller la transmettre sur ce site. Il n'y a rien à gagner, hormis le plaisir de partager, de transmettre.
Pour une belle tablée de 6/8 personnes, heu... ou de 4 auvergnats :
1 chou vert
500 g de chair à saucisse
50 g de mie de pain rassise
1 verre de lait
1 oignon
1 gousse d'ail
20 g de beurre
1 œuf
Du thym
Du persil plat
Du cumin moulu
Environ 50 cl de bouillon
Sel, poivre du moulin
Admirez ce drapé-plissé, et ce dégradé de couleurs !
En plus de ces ingrédients, si l'on a quelques foies de volailles qui traînent dans le coin, un morceau de petit salé, un talon de jambon abandonné, un peu de veau haché ou un reste de viande cuite de la veille, du style rôti, gigot, daube ou autre bourguignon, c'est encore mieux : on les ajoutera, bien sûr, dans cette farce de base.
On commence par séparer les feuilles du chou, en les incisant autour du trognon. Quand les feuilles deviennent trop serrées vers le centre et qu'on ne peut plus les enlever, on coupe le cœur du chou en deux, on enlève le trognon dur, et on hache ce qui reste. On fait bouillir une grande casserole d'eau salée, on y met les feuilles de chou et on les laisse bouillir 2 min, c'est juste pour les assouplir. Ensuite, on les rafraîchit dans de l'eau froide, et on les égoutte en les étalant sur un linge.
Pendant ce temps, faisons la farce. Mettons la chair dans un
saladier. On peut, selon les disponibilités du jour, son porte monnaie
et son inspiration, ajouter comme je le disais plus haut du jambon
haché, des foies de volailles, ou même du foie gras, pourquoi pas si
c'est un chou de fête.
Faisons tremper le pain dans le lait.
Épluchons et hachons l'oignon et l'ail. Faisons-les revenir dans le
beurre mousseux. Ajoutons le hachis de cœur de chou, assaisonnons et
laissons tout cela fondre tout doucement pendant 5 minutes, puis
attendons que cela tiédisse.
On mélange ensuite le contenu de la poêle, la chair, le pain bien essoré, l'œuf, du thym, du persil plat ciselé, une pointe de cumin, du sel et du poivre. On patouille le tout avec notre jolie main bien propre, jusqu'à ce que ce soit homogène. Voilà, c'est fait, on se relave les mains.
Maintenant nous allons reconstituer le chou. On déploie un torchon propre sur le plan de travail. Sur ce torchon, on va disposer 8 longues ficelles croisées en étoile. Par dessus ces ficelles, on étale les plus belles feuilles du chou en rond sur un torchon propre. Elles doivent se chevaucher, sans espaces entre elles, on en met 2 couches pour être sûrs.
On dispose la farce en dôme au centre de ce dispositif. Et on la recouvre avec les autres feuilles de chou, jusqu'à épuisement des feuilles.
A la fin, on replie les feuilles du tour sur le dessus du chou pour faire un joli paquet vert. On attrape les ficelles (Et là on se dit qu'on a bien fait de les mettre au début) et on noue pour que tout cela reste bien en place.
On met notre baluchon dans une cocotte et on verse un peu de bouillon dans le fond, pour que ça ne brûle pas. On fait cuire dans le four à 110°C pendant 2 heures. Le saviez-vous : tant qu'il y a du bouillon dans le fond de la cocotte, la température ne monte pas au delà de 100°C, à l'intérieur de celle-ci, même si vous mettez le four plus chaud. C'est donc une cuisson très douce, qui donnera un résultat très moelleux. Ensuite on le sort, on retire la ficelle et on le coupe en parts.
Pas besoin d'accompagnement, il se suffit à lui-même : il contient la viande et les légumes ! Elle est pas belle la vie ?
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dimanche 13 septembre 2009
Foie de veau à la vénitienne
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Au cas où certains douteraient de l'influence de la cuisine chinoise sur la cuisine italienne, je vous présente cette recette typique de Venise : le Fegato alla Veneziana. Oui, Venise est bien la ville de Marco Polo. Elle a donc eu des relations avec l'extrême Orient depuis longtemps.

La recette n'est pas plus compliquée que celle du boeuf aux oignons, à qui elle ressemble comme une petite sœur. Les ingrédients sont coupés en petites bouchées et sautés à feu vif comme dans la cuisine chinoise. Le foie de veau y est caramélisé, fondant, le sucré des oignons l'accompagne à merveille et le tout est relevé par le vinaigre balsamique. Cette petite touche d'aigre-doux rappelle aussi les plats asiatiques. Un régal.
Pour le foie :
400 g de foie de veau
3 cuil. à soupe de farine
4 oignons
3 cuil. à
soupe d’huile d’olive
3 feuilles de laurier
12,5 cl de bouillon de volaille
3
cuil. à soupe de vinaigre de vin
Vinaigre balsamique
Sel, poivre du moulin
Pour la polenta crémeuse :
250 g de farine de maïs
50 cl d'eau
25 cl de lait
Crème fraîche épaisse
Sel, poivre du moulin
On prépare la polenta : on porte à ébullition l'eau et le lait avec du sel. On verse la farine de maïs en pluie tout en remuant avec un fouet pour ne pas faire de grumeaux. On laisse cuire une dizaine de minutes, jusqu'à ce que la polenta soit épaisse. On incorpore enfin une généreuse cuillerée de crème épaisse. On réserve au chaud.
On passe à la préparation du foie. On coupe le foie en lanières de 5 mm d'épaisseur, on les sale, on les poivre et on les farine.
On émince finement les oignons. On chauffe 1 cuil. à soupe d’huile dans
une poêle sur feu moyen. On y fait suer les oignons avec une pincée de
sel et le laurier. Ils doivent devenir translucides. On verse le
bouillon, on laisse réduire jusqu'à ce que les oignons soient tendres.
On égoutte, on enlève le laurier.
On
remet 2 cuillerées d'huile dans la poêle et on y fait saisir le foie de
tous côtés, d'abord à feu vif, puis à feu moyen. Le foie doit rester
rosé à cœur, sinon il devient farineux. On remet les oignons dans la
poêle, on ajoute le vinaigre de vin, on laisse bouillonner 1 min, pas
plus.
On retire du feu, un trait de vinaigre balsamique ... c'est tout. On sert bien chaud, avec la polenta crémeuse.

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lundi 31 août 2009
Terrine terrible de foies de volailles aux tomates confites et origan
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C'est une terrine riche en foies de
volailles, moelleuse et savoureuse. Elle prend un air méditerranéen
grâce aux tomates confites dont elle est truffée, à l'origan qui la
parfume et aussi aux pignons de pin.
On peut en faire des tartines très gourmandes, ou bien la couper en tranches pour la servir en entrée, avec des petits cornichons et un bon pain au levain, dont la méthode est ICI. Bref, elle a tout pour nous plaire si l'on veut oublier la rentrée et ses petits tracas. On la prépare 48 heures à l'avance, car ses parfums doivent prendre le temps de se développer.
Mais ensuite on est récompensé de cette attente. J'ai fait deux terrines, une pour manger tout de suite et une pour congeler et garder pour plus tard.
Vous pouvez aussi mettre la farce dans des bocaux et les stériliser. Vous fermez hermétiquement, vous les placez dans la cocotte minute avec un torchon pour qu'ils ne s'entrechoquent pas, vous couvrez d'eau et vous faites bouillir 1 heure sous pression, ou bien 2 heures dans un stérilisateur ou un faitout. Et vous avez alors des petits pâtés pour tout l'hiver !
Pour une belle terrine de 1,5 l, ou deux petites :
500 g de foies de volailles
500 g de chair à saucisses
1 oignon + 1 cuil. à soupe d'huile d'olive
2 tranches de pain rassis, sans la croûte
1 verre de lait
1 œuf
Une dizaine de pétales de tomates confites à l'huile d'olive
Les feuilles de 4 brins d'origan
Une petite poignée de pignons de pin
Sel, poivre du moulin
C'est extrêmement simple et facile : d'abord on fait revenir l'oignon émincé dans l'huile d'olive (on peut prendre celle des tomates), et on fait tremper le pain dans du lait. Quand il sera bien imbibé, on l'essorera dans sa main et on l'émiettera finement. On hache les foies de volailles. On coupe les tomates confites en petits morceaux.
On mélange soigneusement tous les ingrédients, on assaisonne bien de sel et de poivre.
On tasse cette farce dans les terrines. On place le couvercle et on fait cuire pendant 1h 30 dans le four préchauffé à 120°C. On laisse refroidir avant de placer les terrine au frigidaire pendant 48 heures avant de les déguster. Elles se conservent une semaine maximum. Si l'on veut les garder plus longtemps, il vaut mieux les congeler.
J'espère que vous avez des pique-niques ou des buffets de prévus pour la fin de l'été !
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lundi 22 juin 2009
La tourte de la vallée de Munster : on part en pique nique ?
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Non,
il n'y a pas de fromage dans cette recette. C'est une recette
traditionnelle alsacienne, ou vosgienne plus exactement, du côté alsacien des Vosges, qui provient
de la jolie vallée de Munster, dont le nom signifie monastère. C'est
dans la même région que l'on fabrique le fromage de munster,
d'ailleurs. (Y a-t-il un rapport avec le monastère ? — ça ne
m'étonnerait pas ...)
Cette tourte se déguste froide en entrée ou en plat principal d'un repas froid. Elle est idéale pour un pique nique. Bien meilleure que n'importe quel pâté industriel, peu grasse et cependant moelleuse, simple à faire, et vraiment délicieuse, elle vaut le coup de ressortir le hachoir à viande !
Pour une tourte de 25 cm (environ 8-10 personnes) :
1 noix de beurre
1 oignon
1 kg de porc maigre : palette ou échine
1 gousse d'ail
1 petit pain au lait trempé dans un verre de lait
1 œuf + 1 pour dorer
15 g de sel fin
Poivre du moulin
Noix de muscade fraîchement râpée
1 brin de thym
2 rouleaux de pâte feuilletée
On préchauffe le four à 180°C. On beurre le moule.
On fait revenir l'oignon émincé dans le reste de beurre. On coupe la viande en cubes pour la passer facilement au hachoir, avec l'oignon, l'ail, le pain essoré et l'œuf. On assaisonne de sel, poivre, muscade et de thym effeuillé. La farce doit être bien relevée, sinon elle paraîtra fade une fois cuite. Je vous rappelle le truc pour assaisonner : faites-en cuire une petite boulette dans une poêle et goûtez. Rajoutez du sel si nécessaire.
On garnit le moule avec une première abaisse de pâte et on y étale la farce qu'on égalise bien avec une spatule. On recouvre avec la deuxième pâte. On presse bien les deux épaisseurs de pâte sur les bords pour les souder ensemble. On coupe l'excédent et on replie vers l'intérieur, comme pour faire un ourlet, et que ce soit bien hermétique. Voyez sur la photo ci-dessous, on forme un bourrelet tout autour.
On badigeonne toute la surface avec de l'œuf battu. Dans les chutes de pâtes, on découpe un décor au choix. J'ai coupé des bandes avec une roulette dentelée et un rond pour mettre au milieu, mais vous pouvez faire autre chose, des zigzags, des feuilles, des fleurs. Ensuite j'ai incisé très légèrement la pâte, sans la transpercer surtout. Et enfin la dernière touche : on fait un petit trou de 2 cm environ au centre de la pâte et on y glisse une cheminée en papier d'alu. Pourquoi ? Pour que la vapeur puisse s'échapper durant la cuisson et ne passe pas faire exploser la pâte. Ce qui serait dommage, après tout le mal qu'on s'est donné.
On enfourne la tourte au milieu du four et on laisse cuire environ 35 à 40 minutes. Lorsque la pâte est bien dorée, on la sort. On attend qu'elle refroidisse une dizaine de minutes avant de la démouler, et ensuite on attend encore... On peut la déguster chaude, mais je trouve qu'elle est meilleure froide avec une petite salade bien moutardée.
Si on veut, on se prend une tranche de munster en guide de dessert. Si on veut. Dans tous les cas, on a ouvert un sylvaner bien frais, mais pas glacé quand même.(Quoique pour le munster, il vaille mieux un petit verre de gewürztraminer... mais bon, ne chipotons pas.)
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mercredi 22 avril 2009
Sauté de veau printanier à l'ail vert
C'est de nouveau la saison de l'ail vert ! Comme les hirondelles, il annonce les beaux jours.
L'ail vert, aussi appelé aillet, c'est l'ail
nouveau, dont on mange la tige verte avant que ne se forme la gousse.
Il ressemble à un poireau miniature, ou à une ciboule chinoise. Sa saison est très courte, elle
commence à Pâques et se termine en mai. L'ail vert est très parfumé,
sans être agressif comme l'ail adulte.
On peut le cuisiner dans toutes sortes de plats. L'année dernière je vous avais présenté ICI
un poisson tout simple en poêlée avec une petite sauce crémée à
l'aillet, et voici aujourd'hui un sauté de veau, mijoté en cocotte.
Pour 4 personnes :
1 kg de tendron de veau, ou du jarret, coupé en morceaux
2 échalotes émincées
2 carottes en petits dés
1 botte d'ail vert ciselée
Du thym, du laurier
15 cl de vin blanc sec (j'ai mis du muscadet)
20 cl de crème liquide
De l'huile d'olive
Du sel, du poivre
On sort sa cocotte en fonte qui ne devrait jamais être rangée bien loin.
On y fait revenir les morceaux de veau dans une
cuillerée d'huile d'olive jusqu'à ce qu'ils soient colorés de tous
côtés. On les réserve sur une assiette et on les remplace par les
échalotes. On ajoute les carottes. On fait revenir en remuant pendant
quelques minutes, ça doit à peine colorer.
On remet le veau, sans
oublier le jus qu'il a rendu. On ajoute l'aillet, le thym, le laurier,
et on mouille de vin blanc. On fait partir l'ébullition, puis on
couvre, on baisse le feu et on laisse mijoter tout doucement pendant 2
heures.
Ensuite, on prélève la viande. On fait bouillir le jus de
cuisson pour qu'il réduise d'un tiers et on verse la crème. On rectifie
l'assaisonnement et on laisse bouillonner jusqu'à ce que ça devienne
velouté.
On dresse tout ça sur un grand plat, le veau, la crème, l'aillet qui a fondu dedans et les carottes qui donnent une touche de couleur et une note sucrée pour contrebalancer l'acidité du vin blanc.
J'ai servi ce plat avec du riz, mais on peut aussi accompagner de pommes vapeur ou en purée, d'une tombée d'épinards... Avec des pâtes fraîches ce n'est pas mal non plus, c'est comme ça que nous avons mangé le reste.
La recette est aussi bonne en remplaçant le tendron par du jarret coupé en "osso bucco", peut-être même encore meilleure. Cette fois-là je l'avais accompagnée de petits champignons poêlés.
Servez avec un anjou rouge de Nicolas Réau, vous ne le regretterez pas.
mardi 14 avril 2009
Galettes de pieds de cochon panées aux noisettes
Dans le cochon, tout est bon.
Après l'araignée, les joues, la poitrine et l'échine,
voici les pieds. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais démentir l'adage
: ces pieds
de cochon sont absolument irrésistibles : moelleux dedans, croquants
dehors,
tout ce qu'on aime. Ils sont malheureusement délaissés dans nos
assiettes, ayant la réputation d'être longs et difficiles à cuisiner.
Ce billet va vous montrer que non. C'est facile, rapide, et ça vous a un petit air de cuisine canaille bien sympathique !
En
plus, si les fins de mois sont difficiles, c'est vraiment un plat idéal : avec 2 euros de
viande, on fait un plat pour 4 personnes. Autant dire que ça ne coûte
rien.

Je les accompagne tout simplement avec des "frites" ultra croustillantes. Une lectrice m'a demandé la recette de mes frites, je vous la donnerai, et vous verrez que je triche... Mais d'abord les pieds.
On commence ? Il faut commander chez le boucher 2 pieds de cochons cuits, mais nature, pas panés ni préparés en gelée. On peut aussi les cuire soi-même : 4 heures de cuisson dans de l'eau avec 1 oignon piqué de clous de girofle, bouquet garni, carotte, oignon, sel et poivre en grains. C'est long, mais facile et on a ensuite un bon bouillon qui prendra en gelée, et qu'on peut utiliser pour la cuisine. Mais il m'arrive aussi de ne pas avoir le temps, alors cette fois j'ai pris des pieds cuits.
Pour 4 personnes :
2 pieds de cochon
1 jolie échalote
Du persil plat
De la ciboulette
2 cuil. à soupe de farine
1 œuf
6o g de noisettes hachées
20 g de beurre et de l'huile pour la cuisson
La
première chose est de désosser les pieds. Pour cela on les fait tiédir
dans le four chauffé à 180°C pendant un bon quart d'heure.
On les désosse tout simplement avec les mains. Cela paraît un peu "gore" comme cela, argh ça ressemble à une main de squelette ! Mais c'est très facile. Pour désosser ces deux pieds, j'ai mis moins de 15 minutes. Alors trouvez une autre excuse pour ne pas en faire ! On remarque qu'il n'y a pas une once de gras dans cette viande : en plus d'être bon et pas cher, c'est diététique. Que demander de plus ? Le moelleux est donné par la richesse en collagène.
On peut aussi s'amuser à compter les os. Ci-dessus : à droite, la viande, à gauche, les os. Eh bien si, il y aura largement 4 portions, malgré le grand nombre d'os !
Ensuite, on coupe la viande récupérée en petits dés. On hache l'échalote et les fines herbes, et on mélange le tout, on sale, on poivre.
On étale deux épaisseurs de film alimentaire sur la table et on met dessus notre hachis de pieds de cochon. Ensuite on emballe, on roule, et on fait un boudin bien serré. Mon boudin faisait environ 7-8 cm de diamètre, mais on peut le faire plus mince si on préfère.
On le place au frigidaire pendant environ 30 minutes. Cela va le faire durcir, et agglomérer tous les morceaux.
Et ainsi, quand je vais le déballer, il va rester bien en forme et je pourrai sans problème découper des tranches qui se tiennent parfaitement. je fais des tranches d'environ 2 cm d'épaisseur. J'ai pu faire 4 belles tranches, plus les deux entames.
Je prépare la panure : je prends 3 assiettes creuses, j'étale un fond de farine dans la première, je casse 1 œuf dans la seconde et j'étale mes noisettes dans la troisième. je roule successivement les galettes de pied de porc dans la farine, puis dans l'œuf et enfin dans les noisettes.
Je les poêle ensuite dans un peu d'huile chaude, jusqu'à ce qu'elles soient dorées et croustillantes, cela ne prend que quelques minutes.
Je sers tout de suite, avec des frites et une petite salade. Je vous expliquerai les frites "maison" ICI.
mardi 7 avril 2009
Boeuf aux oignons
Ce grand classique de la cuisine chinoise nous sauve la vie, les jours où on n'a pas le temps et pas d'idées, ça arrive.
Pas besoin de matériel compliqué, ni d'une grande
cuisine, il suffit d'une poêle. Si on a un wok, c'est le moment de
l'utiliser. En comptant la cuisson du riz, tout est prêt en 15 minutes.
Pour 4 personnes :
400 g de rumsteck en une seule tranche épaisse
1 petit morceau de 2 cm de gingembre frais râpé
1 cuil. à café de cassonade
1 cuil. à soupe de vinaigre de riz
5 cl de sauce soja
4 gros oignons
5 cl de bouillon de volaille
1 cuil. à soupe de maïzena
1 cuil. à café d'huile de sésame
Huile d'arachide pour la cuisson
On
détaille le boeuf en fines lamelles perpendiculairement aux fibres de
la viande, c'est important pour avoir une viande bien tendre. On pèle
et on râpe le gingembre.
On met boeuf et gingembre dans un bol, on ajoute le sucre, le vinaigre et la sauce soja, on mélange et on laisse reposer. On épluche les oignons, et on les coupes en lanières. On mélange la maïzena et le bouillon, on réserve.
Dans une grande poêle, on chauffe à feu très vif une cuillerée d'huile d'arachide. On y fait revenir le boeuf qu'on a égoutté de sa marinade. Il doit être bien saisi. On le laisse cuire 2 min en remuant. On le débarrasse sur une assiette.
On rajoute 1 cuillerée d'huile dans la poêle et on y met les oignons, toujours à feu vif. On les fait cuire en remuant jusqu'à ce qu'ils soient légèrement colorés, mais encore un peu croquants. Ça prend environ 3 min. On remet alors le boeuf dans la poêle, ainsi que le jus qu'il a rendu. On ajoute le mélange de maïzena et la marinade du boeuf, et on laisse bouillir 2 min, tout en remuant. En dernier on incorpore l'huile de sésame.
On sert tout de suite sur un bol de riz et on assaisonne à volonté de sauce soja.
Je vous rappelle la méthode infaillible pour la cuisson du riz, c'est ICI.
A vos baguettes !
lundi 2 mars 2009
Joue de porc à la bière, au miel et aux épices
Pour les amateurs de sucré-salé, voici une recette haute en goût.
Des
joues de porc fondantes, sur un lit de carottes et oignons confits à la
bière, parfumés au miel et au pain d'épices. C'est un plat d'une grande
douceur que j'accompagne avec des petits navets caramélisés. L'amertume
des navets s'accorde à merveille avec celle de la sauce à la bière, le
tout est tempéré par le côté sucré du miel, des carottes et aussi de la
bière quand elle a cuit longtemps.
La joue de porc : voilà encore un morceau très moelleux
et très bon marché, il est presque aussi méconnu que l'araignée dont
vous trouverez une recette ICI et ICI.
C'est dommage, de se cantonner toujours aux mêmes morceaux, tels que le
filet, ou le jambon, qui sont bien plus chers et pas meilleurs ! Alors
que l'araignée cuit rapidement à la poêle, la joue est un morceau à
mijoter tout doucement en cocotte. Il faut 1 heure 30 de cuisson douce
pour qu'elle nous donne toute sa tendresse.
Ici je l'ai cuisinée avec du miel, de la bière et des épices à pain d'épices.
Pour 4 personnes :
8 joues de porc parées par le boucher
2 carottes en rondelles
1 gros oignon émincé
20 g de beurre
1 cuil. à soupe d'huile
1 cuil. à café d'épices à pain d'épices
1 cuil. à soupe de miel
33 cl de bière blonde
1 cuil. à soupe de fond de veau déshydraté
Sel, poivre du moulin
Quand on n'a pas de mélange tout fait d'épices à pain d'épices, on mêle un peu de cannelle, muscade, girofle et anis.
Si
le boucher n'a pas bien enlevé toutes les membranes qui entourent les
joues, prenez le temps de le faire, la dégustation sera plus agréable.
Je
sors ma cocotte en fonte et je la chauffe à feu vif. J'ajoute 1 noix de
beurre et un trait d'huile. Dès que le beurre cesse de chanter, j'y
fais revenir les joues salées, poivrées, et saupoudrées avec les
épices, en les tournant pour les colorer sur toutes leurs faces. Vous
remarquerez qu'elles ont 3 faces.
Je les retire et je mets les
oignons et carottes, je remue 2 minutes jusqu'à ce que ça commence à
fondre et juste à dorer. Stop ! Faut pas que ça brûle ! J'ajoute alors
une grosse lampée de miel (soyons généreux !) et je laisse caraméliser quelques secondes. Je
mouille avec la bière, j'ajoute 1 cuil. à soupe de fond de veau
déshydraté, je porte à ébullition. Ça sent déjà bon.
Je remets alors
les joues dans la cocotte, je couvre et je laisse mijoter pendant 1 h
30. On peut aussi mettre la cocotte dans le four à 120°C, et l'oublier
jusqu'à 2 heures.
Et comme garniture on fait quoi ?
Des petits navets caramélisés :
8 petits navets ronds
20 g de beurre
1 cuil. à soupe de sucre (ou de miel !)
Pendant
que les joues sont en train de cuire, je prépare les petits navets : le
les épluche, je les coupe en 4. Je les mets dans une casserole,
j'ajoute le beurre, le sucre et je mouille d'eau jusqu'à la hauteur des
légumes. Je sale aussi. Je fais cuire à petite ébullition, sans couvrir
jusqu'à ce que toute l'eau soit évaporée. A la fin, il reste juste les
navets, bien tendres, le beurre et le sucre. Là, il faut surveiller. On
tourne les navets sans cesse dans le fond de cuisson, jusqu'à ce qu'ils
commencent à caraméliser.
A la fin de leur cuisson, on retire
les joues de la cocotte et si le jus est très liquide, on le fait
bouillir quelques minutes pour qu'il réduise. Pendant ce temps, on
appelle tout le monde et on met la table. On sert les joues sur un lit
de carottes et oignons qui sont devenus fondants, avec les petits
navets. On donne quelques tours de moulin à poivre et on nappe de jus
de cuisson.

On ouvre une bonne bière blonde artisanale à fermentation haute, non filtrée, non pasteurisée, bien fraîche.
On en trouve dans presque toutes les régions de France : Nord, Bretagne, Charentes, Lorraine, Bourgogne... Tapez "bière artisanale non pasteurisée" dans gogole, et il vous tombe tout plein d'adresses de brasseries. Il y en a forcément une près de chez vous.
A propos de miel, si vous avez d'autres recettes, Karine propose un concours sur son blogue cuisinekarine.
lundi 23 février 2009
D'une irrésistible terrine de campagne et de l'éloge de la lenteur
Je n'ai pas résisté. Moi qui résiste à tout. Enfin presque.
Lorsque j'ai vu la terrine de campagne sur le blog de Ghislaine et Nadine, Binôme gourmand, tout de suite ça a déclenché chez moi une suite de réactions en chaîne : écarquillement des yeux, salivation, souvenirs gourmands de terrines dégustées autrefois. S'en sont suivies des activités paranormales : recherche fébrile tout en haut du buffet de la cuisine, prise de mesures de la terrine qui se cachait là haut ; vérification de certains pots à épices et réserves de fruits secs ; et enfin démontage, révision complète et remontage du hachoir à viande qui n'avait pas servi depuis un moment.
Et voilà, tout fut bientôt étalé sur la table de la cuisine.
Je ne vais pas vous redonner la recette de la terrine, puisqu'elle est ICI, à la portée de n'importe quel clic.
Je ne sais pas, vous, mais moi je suis absolument
incapable de suivre une recette au pied de la lettre. Il faut toujours
que je modifie quelque chose, un assaisonnement, une cuisson, un
détail. Ça doit être une maladie. Mais c'est ainsi que les recettes
vivent : elles se transmettent, se modifient, se découvrent des
variantes, des enrichissements ou des simplifications. Comme les
légendes ou les contes de fée, il y en a de multiples versions. Cela
montre qu'on peut faire une recette même si on n'a pas tous les
ingrédients indiqués sur la liste, on peut toujours en remplacer un par
un autre, et on obtient quelque chose de bon quand même.
Ce que j'ai changé ici ? Pas grand chose, en vérité, car elle est déjà bien telle quelle, cette terrine de campagne !
Ma terrine étant plus grande que celle de Nadine et Ghislaine, j'ai doublé la quantité des viandes, porc et veau.
J'ai
mis une couenne dans le fond, à la place de la barde de lard, car j'en
avais justement une dans mon congélateur, qui attendait de venir un
jour faire son intéressante dans un plat rustique. Cela m'a d'ailleurs
donné un peu de gelée naturelle tout-à-fait sympathique.
Je n'avais pas de noisettes, alors je les ai remplacées par des pignons. J'aurais aussi bien pu mettre des amandes. Ou des pruneaux. Ça doit être délicieux avec des pruneaux. Et j'ai ajouté dans la farce un peu de mie de pain trempée dans du lait. Pourquoi ? Patience, vous allez voir.
Hop, au travail.
Certains ont un mixeur électrique munis d'un grand bol et armé d'une hélice tranchante qui leur hache la viande dans un bzing ou un vroum strident, en moins de temps qu'il n'en faut pour taper le mot viande sur ce clavier. Moi j'aime bien tourner le silence de la manivelle. J'aime bien regarder le hachis sortir tout doucement en chlouchloutant, et changer de bruit et de couleur selon que je met le porc, le veau, le lard, l'oignon, le persil ou le croûton de pain. Vous voyez, un rien m'amuse ! Cela ne donne-t-il pas à la vie toute sa saveur, plutôt que deux secondes de bzing vroum ? Pourquoi faut-il toujours se dépêcher ? Pourquoi faut-il que tout aille vite ? Qui a décrété cela ? Est-on obligé d'être d'accord avec ce système ? Je résiste. Je résiste en tournant ma manivelle. C'est comme aller marcher sur un chemin un après midi d'été quand d'autres prennent l'autoroute. Certes ils iront plus loin, mais moi j'aurai passé une agréable journée. Ceux qui sont toujours fébriles et toujours pressés arriveront quand même à Noël en même temps que les autres, pas vrai ?
Quand les viandes, les herbes et l'oignon sont passés
dans le hachoir, on ajoute le croûton de pain. Il faut le mettre en
dernier, car cela "rince" la machine de toute la viande qui reste
accrochée dans le mécanisme. Et de plus il apporte encore du moelleux à
la farce. Voilà, vous avez l'explication.
Et ensuite, j'aime bien casser les œufs, ajouter les pistaches et les pignons, et patouiller tout ça à la main
(c'est meilleur!) jusqu'à ce que ce soit bien homogène. Quand vous
ferez la terrine, salez-la bien. Une terrine pas assez salée n'est pas
bonne du tout ! Voici un truc : prélevez une boulette de farce et
faites-la cuire à la poêle. Laissez refroidir et goûtez : vous saurez
si c'est assez assaisonné.
Donc, la terrine est habillée avec la couenne. Je tasse bien la farce dedans et je la revêt joliment de lard et de laurier.
Pour
la cuisson, Ghistaine et Nadine placent leur terrine au bain marie à
180°C. C'est ainsi que faisaient nos grand mères. Mais avec nos fours
électriques modernes munis de thermostats, le bain marie peut-être
abandonné. Il faut simplement régler le four à chaleur douce : 120°C.
C'est une alternative, faites comme vous préférez. Je l'ai laissée
cuire pendant 2 heures, car ma terrine est plus grosse que celle du
Binôme Gourmand.
Et voilà le résultat. Du parfum, du goût, du moelleux. une terrine qui se découpe parfaitement en belles tranches. Il n'y a plus qu'à sortir les cornichons, faire griller le pain, et préparer une petite salade moutardée. C'est le bonheur.
Merci Nadine, merci Ghislaine !





































































